Sourires et rires depuis les retrouvailles avec la famille biologique en Tanzanie
Jamil* a grandi dans les villages d'enfants SOS de Dar es Salaam. Il a retrouvé sa famille biologique et vit désormais chez sa tante et son oncle à Mkuranga, en Tanzanie.
Le rire revient dans la maison familiale de Jamil
On ne s'ennuie jamais chez Farida, surtout depuis que son neveu, Jamil, a emménagé. Farida le décrit comme un véritable humoriste, capable de faire rire toute la famille. Qu'il fasse des blagues ou taquine gentiment un marchand de fruits dont la corbeille est posée de travers sur sa tête, Jamil apporte de la joie au quotidien.
« Je suis tellement heureuse qu'il vive avec nous maintenant. J'ai l'impression d'être sa mère, comme si je lui avais donné naissance moi-même. Il m'appelle « maman » et ça me rend heureuse. » dit Farida.
Farida et son mari ont eux-mêmes trois enfants biologiques, âgés de 9, 16 et 22 ans. Leur famille s'est agrandie il y a deux ans, lorsque Jamil, alors âgé de 12 ans, a quitté SOS Villages d'Enfants de Dar es Salaam pour s'installer chez eux à Mkuranga. Son retour s'inscrivait dans le cadre des efforts continus de SOS Villages d'Enfants pour aider les enfants à grandir auprès de leur famille biologique, dans la mesure du possible.
Un début de vie difficile
Le parcours de Jamil n'a pas toujours été une partie de plaisir. Sa mère est décédée en couches, laissant la famille dans une situation financière précaire. Peinant à subvenir à ses besoins essentiels, sa grand-mère s'est occupée de lui pendant sa première année, mais ils n'avaient pas toujours les moyens de lui acheter du lait maternisé.
« Il est devenu si maigre, il n'avait plus que la peau et les os », se souvient Farida, la tante de Jamil.
Alors que Jamil avait environ un an, sa famille l'a placé dans un orphelinat géré par une organisation catholique. Il y a vécu jusqu'à l'âge de quatre ans, puis a été accueilli par SOS Villages d'Enfants à Dar es Salaam, où l'accent est mis sur les liens familiaux et le soutien à long terme.
Au village, il a grandi auprès d'une mère et de frères et sœurs SOS. Cependant, il était souvent aux prises avec la frustration et la colère. Avec le soutien d'un psychologue, il a progressivement appris à exprimer ses émotions et à reconnaître ses propres besoins.
Le chemin vers le regroupement familial
Chez SOS Villages d'Enfants, nous pensons que, dans la mesure du possible et dans son intérêt, un enfant doit connaître sa famille d'origine. Le personnel s'efforce constamment de retrouver les proches des enfants qui grandissent à SOS Villages d'Enfants. Dans le cas de Jamil, ils ont retrouvé sa tante, son oncle et sa grand-mère.
Quand Jamil avait environ 11 ans, le personnel de SOS Villages d'Enfants lui a demandé s'il souhaitait rendre visite à sa famille biologique. Jamil a immédiatement accepté. Après cela, il a commencé à passer toutes ses vacances scolaires chez sa tante et son oncle, dans le village de Mkuranga.
Godson Tony, membre de l'équipe de SOS Villages d'Enfants Tanzanie, a rendu visite à la famille pour s'assurer qu'elle avait les moyens de prendre soin de Jamil. Il a expliqué : « Il était clair que les finances de la famille étaient bien meilleures qu'avant, car l'oncle avait trouvé un emploi permanent de chauffeur. »
« Jamil est resté chez la famille pendant les vacances de Noël 2022, et une fois les fêtes terminées, nous lui avons demandé s'il était prêt à rentrer chez lui et à retrouver sa famille. Il n'a pas hésité à dire oui », raconte le filleul Tony.
Construire une nouvelle vie en famille
Cela fait maintenant plus de deux ans que Jamil a quitté SOS Villages d'Enfants pour retrouver la vie quotidienne dans cette maison aux briques grises et aux palmiers dans la cour. Il ne se sent jamais seul ici. La famille fait tout ensemble : ils mangent ensemble, s'entraident dans les tâches quotidiennes et se retrouvent au salon pour se raconter des histoires. Sa grand-mère vient souvent lui rendre visite et se sent soulagée que la famille soit à nouveau réunie.
« Je suis si heureuse de voir les enfants jouer ensemble. Maintenant, nous formons une grande famille », confie grand-mère Tausi, 72 ans.
Jamil lui-même dit qu'il adore jouer au foot avec son cousin de 9 ans. Après l'école, ils s'entraînent à jongler et à dribbler sur le terrain sablonneux devant la maison.
« Je sens que ma famille se soucie de moi. C'est pourquoi je suis très heureux depuis mon arrivée ici », explique Jamil.
Même si Jamil vit désormais avec sa famille, SOS Villages d'Enfants continue de soutenir son éducation, sa santé et son bien-être, assurant une transition en douceur et des liens solides. De plus, le personnel de SOS Villages d'Enfants rend régulièrement visite à la famille pour s'assurer que Jamil s'épanouit.
Il n'y a aucun doute. Jamil est entouré d'amour, de rires et d'une famille qui soutient son avenir.
*les noms ont été modifiés pour protéger la vie privée