Une jeune fille retrouve sa famille au Niger après des années de séparation

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Emna* portait un fardeau qu’aucun enfant ne devrait jamais avoir à porter.


Victime de la traite des êtres humains depuis son Niger natal, elle s'est retrouvée en Tunisie. Loin du confort et de la sécurité de sa famille, elle a été propulsée dans un monde inconnu, empli d'incertitude et de peur.


Son chemin vers la guérison a commencé début 2020 lorsque, à l'âge de neuf ans, SOS Villages d'Enfants Tunisie l'a prise en charge suite à une décision de justice du délégué à la protection de l'enfance de Sfax, une ville côtière de Tunisie.


À partir de ce moment, la vie d’Emna a pris une nouvelle direction vers la sécurité, les soins et l’espoir. 

 

Le défi du trafic d'enfants en Afrique de l'Ouest

 

Emna est l'une des nombreuses enfants touchées par la migration clandestine et la traite des êtres humains. En Afrique de l'Ouest, trois victimes de la traite sur quatre sont des enfants, dont beaucoup sont exploités et contraints au travail forcé comme domestiques. Les trafiquants ciblent les personnes vulnérables et celles en situation difficile, les enfants étant les plus vulnérables.


La Tunisie connaît un afflux d'enfants migrants. Selon le ministère de la Famille, de la Femme, de l'Enfance et des Aînés, on estime à 1,800 XNUMX le nombre d'enfants migrants, accompagnés ou non, en Tunisie. Partenaire clé des autorités tunisiennes chargées de la protection de l'enfance, SOS Villages d'Enfants fournit des soins essentiels à nombre de ces enfants pendant la recherche de leurs familles. 

 

Enfin en sécurité 

 

Dans le cas d’Emna, les autorités locales ont été alertées qu’elle était victime de migration illégale et de trafic, bien que les circonstances exactes ne soient pas claires.
 

Elle est arrivée à SOS Villages d'Enfants de Mahrès, un havre de paix, loin du chaos qu'elle avait connu. Au début, elle a été bouleversée : de nouveaux visages, une langue inconnue et un foyer où elle se sentait en sécurité. La première fois qu'elle a vu sa gardienne, Mama Amel, Emna s'est figée. Sans hésiter, Mama Amel s'est agenouillée près d'elle et lui a parlé doucement. « Tu es en sécurité ici, Emna. C'est ta maison maintenant. »


Mme Sarra, psychologue senior, a souligné que la réadaptation d'Emna l'a aidée à se sentir à nouveau en sécurité en reconstruisant son quotidien. « Avant de plonger dans son passé et les difficultés qu'elle a pu rencontrer, nous avons essayé de garantir sa stabilité psychologique en l'inscrivant à l'école comme tous les enfants de son âge », a-t-elle déclaré. 

 

Soins, guérison et nouveaux départs


À SOS Villages d'Enfants, Emna a découvert des choses qu'elle croyait autrefois impossibles : le son du rire, la joie de jouer avec d'autres enfants et le sentiment d'appartenance. Elle a appris à tenir un crayon, à lire et à écrire son nom, une petite victoire qui la rendait fière.


Maman Amel ne manquait jamais une occasion de rappeler à Emna qu'elle comptait et qu'on l'aimait. Chaque soir, Emna rentrait de l'école à bras ouverts et entendait une voix douce lui demander : « Comment s'est passée ta journée, ma chérie ? » Et chaque fois, la voix d'Emna devenait plus forte : « C'était bien, maman. » 

 

Retrouvailles avec la famille


Au fil des années, Emna s'est épanouie à l'école, méritant les éloges pour sa curiosité et sa vivacité d'esprit. Ses professeurs soulignaient souvent combien elle avait progressé, non seulement en connaissances, mais aussi en confiance. Elle était devenue une figure admirée par ses camarades.


Emna aimait sa vie à SOS Villages d'Enfants, mais n'a jamais cessé de penser à ses parents et à ses frères et sœurs au Niger.


SOS Villages d'Enfants Tunisie a collaboré avec le personnel diplomatique du Niger en Libye, pays voisin et point de transit important pour les migrants, afin d'identifier et de localiser les parents d'Emna. Une fois sa famille retrouvée, nos équipes ont recueilli des informations essentielles sur sa situation socio-économique et son environnement émotionnel, garantissant ainsi le retour d'Emna dans un foyer sûr et stable.

 

Un nouveau chapitre : Retour au Niger


Un matin, Emna, alors âgée de 13 ans, a appris la nouvelle : sa famille biologique avait été retrouvée. Elle rentrait chez elle au Niger.  


Quelques jours plus tard, Emna plia soigneusement ses vêtements, les mains légèrement tremblantes, en y plaçant sa robe préférée. Maman Amel s'assit à côté d'elle, au bord du lit, lui tenant doucement la main. « Tu rentres à la maison, mon amour », dit-elle doucement. « Mais n'oublie pas qu'une partie de toi sera toujours là, avec nous. Et où que la vie te mène, tu es aimée. Tu n'es jamais seule. »


En septembre 2024, l'heure du départ d'Emna arriva. Les autres enfants l'entouraient, lui offrant des câlins et des cartes faites main, leurs visages mêlant sourires et larmes. À l'aéroport de Tunis-Carthage, Emna ressentit des émotions mitigées : l'excitation de revoir ses parents et ses frères et sœurs, et la tristesse de quitter la famille qu'elle avait trouvée à SOS Villages d'Enfants. Mais elle savait que, où que la vie la mène, elle emporterait avec elle les souvenirs qu'elle avait accumulés et l'amour qu'elle avait reçu. C'est ainsi qu'Emna rentra chez elle, vers un avenir qu'elle pourrait affronter avec courage.


*Nom changé pour protéger la vie privée.  

Les Canadiens qui souhaitent aider les enfants vulnérables sont encouragés à parrainer un enfant, parrainez un village SOS ou faire un don uniqueVotre soutien changera la vie d'enfants vulnérables privés de soins parentaux. Aidez-nous dès aujourd'hui.