Un hôpital en Somalie a offert une seconde chance à une mère et à ses jumeaux.
« Je pensais que je n’y arriverais jamais… mais maintenant, je tiens mes garçons dans mes bras. Vivants. » – Abshiro.
Dans le village isolé de Raga Ceel, à plus de 100 kilomètres de Mogadiscio, l'accès aux soins de santé reste un rêve lointain. Abshiro, une mère de cinq enfants âgée de 25 ans, a surmonté les épreuves avec courage et a respecté les traditions de sa communauté. Comme beaucoup de femmes, elle a accouché à domicile, assistée uniquement par des sages-femmes traditionnelles. Elle n'a jamais mis les pieds dans un hôpital.
Défis de santé inattendus
Abshiro souffrait d'une fatigue intense et inexpliquée, et sa santé se détériorait rapidement. Un proche connaissait les soins disponibles à l'hôpital des Villages d'Enfants SOS de Mogadiscio et a vivement conseillé à la famille de s'y rendre. Le temps pressant, ils ont entrepris ce voyage éprouvant en quête de soins vitaux.
À l'hôpital, les médecins ont confirmé qu'elle attendait des jumeaux, mais sa grossesse était à haut risque, compliquée par une anémie sévère et d'importantes hémorragies qui mettaient gravement en danger sa vie et celle de ses bébés.
Réponse d'urgence
À son arrivée, Abshiro a été immédiatement admise en urgence. L'équipe médicale a constaté qu'elle était non seulement en travail, mais qu'elle souffrait également de prééclampsie, une complication grave de la grossesse affectant le placenta et les vaisseaux sanguins. Non traitée, la prééclampsie peut entraîner des convulsions, des lésions organiques et des risques importants pour la mère et l'enfant.
L'équipe a rapidement stabilisé son état grâce à des transfusions sanguines et des médicaments, tout en se préparant à l'accouchement imminent. Quelques heures plus tard, Abshiro a donné naissance à des jumeaux.
Mais le combat n'était pas terminé. Les deux nouveau-nés avaient des difficultés respiratoires et une glycémie dangereusement basse, nécessitant une réanimation urgente et une admission dans l'unité néonatale de l'hôpital.
Un début fragile
Dans l'unité de soins intensifs néonatals, médecins et infirmières se relayaient jour et nuit pour stabiliser les jumeaux. Peu à peu, leurs petits corps ont commencé à réagir, montrant des signes de rétablissement.
Entre-temps, Abshiro a entamé son propre parcours de guérison. Elle a bénéficié d'une formation vitale en matière de santé, notamment sur les soins prénataux, l'allaitement, l'hygiène et la vaccination ; des connaissances essentielles auxquelles elle n'avait jamais eu accès auparavant. Elle avait toujours cru qu'accoucher signifiait accoucher à domicile, sans assistance médicale ni possibilité de soins adaptés. « Je ne savais pas que j'avais le choix », a-t-elle confié. « Je pensais que l'accouchement serait toujours ainsi. »
Une semaine plus tard, la mère et les bébés ont pu quitter l'hôpital, en bonne santé, forts et remplis d'un espoir renouvelé.
Protéger les premiers instants de la vie
En seulement quatre mois, l'unité néonatale de l'hôpital SOS Villages d'Enfants de Mogadiscio a prodigué gratuitement des soins intensifs à 248 nouveau-nés. Les jumeaux d'Abshiro figuraient parmi ceux qui ont bénéficié d'une seconde chance.
« Cet hôpital nous a donné une seconde chance », a déclaré Abshiro en berçant ses bébés avec gratitude.