Que se passe-t-il lorsqu'un enfant reste à l'école ? Demandez à Thủy du Vietnam.
Ayant grandi dans une maison d'une seule pièce à la périphérie de Da Nang, au Vietnam, ThElle rêvait d'aller à l'école et de construire une nouvelle maison pour sa mère.
Son père est décédé lorsqu'elle avait trois ans, laissant sa mère élever seule ses trois jeunes enfants. « Notre famille était très pauvre », se souvient Thủy, aujourd'hui âgée de 29 ans. « Ma mère n'avait pas les moyens de scolariser tous mes enfants. »
Mais grâce au Programme de renforcement des familles de SOS Villages d'Enfants Vietnam, Thủy a pu rester à l'école, aller à l'université et construire sa carrière.
Le Vietnam a réalisé des progrès significatifs en matière d'éducation pour tous. Aujourd'hui, près de 98 % des enfants sont inscrits à l'école primaire et Les filles représentent désormais un peu plus de la moitié des étudiants universitairesPourtant, des difficultés persistent pour les familles rurales et à faibles revenus, où les taux de réussite au secondaire sont nettement inférieurs et où les coûts supplémentaires liés aux uniformes ou au tutorat sont hors de portée.
SOS Villages d'Enfants a surmonté ces obstacles en soutenant plus de 1 300 enfants au Vietnam grâce à des bourses et un programme de mentorat. Selon Hải, coordinatrice du programme, environ 5 % des participants poursuivent des études universitaires, 10 % obtiennent un diplôme d'études supérieures ou une formation professionnelle, et 60 % trouvent un emploi stable. Ce sont des résultats encourageants dans un contexte où de nombreux jeunes rencontrent des difficultés pour terminer leurs études et trouver un emploi stable.
Une enfance marquée par la perte
Après le décès du père, la famille de Thuy a connu des difficultés. Sa mère travaillait de longues heures dans une briqueterie, souvent huit ou neuf heures par jour. « Elle rentrait épuisée, mais elle continuait à cuisiner pour nous », raconte Thuy.
Le tournant s'est produit en cinquième année, lorsque Thủy a commencé à recevoir une bourse de l'association SOS Villages d'Enfants de Da Nang. L'allocation mensuelle couvrait ses frais de scolarité jusqu'à la fin de ses études universitaires.
« J’étais très heureuse de pouvoir aller à l’école et participer à des activités avec mes amis », dit-elle. « Ce soutien a aussi soulagé ma mère. Grâce à la bourse, elle pouvait moins s’inquiéter des frais de scolarité. »
Trois degrés, une famille
Contre toute attente, les trois frères et sœurs ont fait des études universitaires. Le frère de Thủy a étudié l'économie, sa sœur est devenue professeure d'informatique et Thủy a obtenu un diplôme en tourisme.
Lorsque la COVID-19 a paralysé le tourisme, Thủy s'est rapidement reconvertie dans le secteur industriel. Aujourd'hui, elle est chargée de planification dans une entreprise allemande de chaussures, où elle gère les plannings de production et utilise quotidiennement son anglais.
Pour Thủy, le manque de confiance en soi est le principal obstacle pour les jeunes demandeurs d'emploi. « Beaucoup d'étudiants n'osent pas postuler auprès d'entreprises étrangères car leur anglais est insuffisant et ils ne savent pas rédiger un CV », explique-t-elle. « À l'université, ces compétences ne sont pas enseignées. »
Elle souligne également les obstacles rencontrés par les femmes lors du recrutement. « Certaines entreprises refusent d'embaucher des femmes enceintes ou susceptibles de l'être prochainement. Cela doit changer », affirme-t-elle.
Aujourd'hui mariée et mère d'un garçon et d'une petite fille, Thủy est déterminée à offrir à ses enfants de meilleures opportunités que celles qu'elle a eues. « Je peux leur acheter des fruits, des yaourts, les inscrire à des cours particuliers, même de natation ou d'anglais », explique-t-elle. « Je veux qu'ils développent toutes leurs aptitudes. »
Son histoire montre comment le soutien scolaire peut non seulement changer la vie d'un enfant, mais aussi celle de toute une famille. Comme le dit Thủy : « Sans éducation, la plupart des gens ne peuvent faire que des travaux manuels. Grâce à elle, nous pouvons révéler nos capacités. »
La fierté d'une mère
Thủy confie que sa plus grande source d'inspiration a toujours été sa mère. Elle se confiait toujours à elle lorsqu'elle rencontrait des difficultés. « Elle avait elle-même traversé de nombreuses épreuves et ses conseils m'ont permis de réussir. »
Pour la mère de Thủy, la possibilité pour sa fille de poursuivre ses études fut un immense soulagement. « Quand Thủy a reçu la bourse, j'étais si heureuse ! Sans elle, je n'aurais pas pu m'en sortir. Grâce à cette bourse, ma fille a pu continuer ses études et accomplir ce qu'elle a réalisé aujourd'hui. »
En 2019, une fois leurs études terminées et leur vie professionnelle commencée, les trois enfants ont mis leurs ressources en commun pour agrandir et moderniser la maison de leur mère, où elle aime désormais recevoir sa famille et ses cinq petits-enfants.
« J’ai toujours rêvé d’aider ma mère à construire une nouvelle maison, et en 2019, nous l’avons fait », raconte Thủy.
« Je suis très heureuse », ajoute sa mère.
Pourquoi votre soutien est important
Le parcours de Thủy illustre ce qui est possible lorsque les familles sont soutenues et que les enfants peuvent exercer leur droit à l'éducation. Les programmes de renforcement des familles de SOS Villages d'Enfants aident les familles à surmonter les difficultés, à maintenir les enfants scolarisés et à bâtir un avenir meilleur, une réussite à la fois.
Votre soutien contribue à rendre cela possible.